Vendredi 29 janvier 2010
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La princesse et la grenouille (The Princess and the Frog)
Réalisé par Ron Clements et John Musker
Dans les salles depuis le 27 janvier 2010
Le pitch : Une princesse sans marraine fée mais qui chante toujours aussi bien, qui adore faire le ménage et qui rencontre un beau prince. C'est Disney après tout...
Ce qu'il y a de bien avec les films Disney, c'est qu'ils sont destinés aux enfants (à partir de 4 ans), mais que la séance de 19h30 est toujours
truffée d'adultes (pas forcément accompagnés d'ailleurs). Ceci dit, je vous conseille d'attendre qu'ils soient un peu plus grands avant de les emmener découvrir ce nouveau classique si vous ne
voulez pas passer votre soirée (et une partie de votre nuit) à démontrer à vos chérubins par A
+ B divisé par la racine carrée de l'hypothénuse de la tangente que les vilains copains du Maître des Ombres ne vont pas les manger tous crus avec un peu de Nesquik.
Cette remarque mise à part, le dernier né de Disney renoue avec la magie des films d'animation de notre enfance : jeune et jolie demoiselle pauvre qui aspire à une vie meilleure, beau prince au
sourire éclatant, un méchant qui joue avec les désirs secrets des gens qu'il trompe, amis fidèles et happy end. Tout cela à la sauce New-Orleans, faite de jazz, de swing et (d'un peu) de
français.
Et ma foi, suivre cette princesse qui devient grenouille s'avère être un véritable plaisir! La poésie liée aux doux traits des films d'animation en 2D y sont pour beaucoup. La lumière, la
reconstitution d'une Nouvelle-Orléans ségréguée mais belle et fière de ses influences multiculturelles aussi. Mais ce qu'il y a de plus plaisant dans le film, c'est sa modernité : la jeune femme
n'est pas aussi passive que ses aînées attendant patiemment un prince charmant. Tiana travaille dur pour donner vie à son rêve, elle s'entend bien avec sa mère (une première, toutes les
princesses étant orphelines et maltraitées par leur belle-mère) et ne remet pas son destin entre les mains d'une tierce personne.
Le prince, en revanche, pâtit du sempiternel "le prince charmant n'existe pas". Paresseux, lunaire et enfantin, il n'a rien de l'homme prêt à grimper les tours et à combattre les dragons pour
sauver sa mie. En revanche (les préjugés ont la dent dure), il rêve de fortune, s'étant fait couper les vivres par ses parents, ce qui va causer sa perte...
Moderne et plein de swing, La princesse et la grenouille est en plus un bel hommage à la culture franco-afro-américaine du sud des Etats-Unis. Mardi gras et Bayou, blancs et noirs, cuisine
française et cuisine créole, alligators, marais, chasseurs, cotillons, jazz et gospel... malgré la séparation marquée des deux communautés, la Nouvelle-Orléans dépeinte dans le film est d'une
grande richesse culturelle et musicale.
Un très beau Disney à découvrir avec ou sans enfants, juste pour le plaisir de retomber dans la féérie un peu surannée des films d'animation en 2D. Et aussi pour le méchant qui est juste géant
!

Par Audie
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Publié dans : La Critique Ciné...
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